Ça peut vous paraitre absurde, mais cela ne l’est en ce qui concerne les idéologues qui ont présidé à la terrible histoire que représente le génocide Rwandais.
Grégory Kayibanda, président du Rwanda de 1961 à 1973 (1er mai 1924 / 15 décembre 1976), dont les « mises en garde » concernant les Tutsis faisaient écho aux sinistres déclarations d’Adolf Hitler sur les juifs, disait dans un message adressé le 11 mars 1963 : « Si un jour vous parveniez à entrer dans Kigali, imaginez bien que vous seriez les premières victimes, ce serait la fin brutale du peuple Tutsi ».
Ce message était une menace délibérée, destinée à installer la peur et l’effroi, qui s’inscrira dans une logique initiée par les pogroms de 1959, 1961, 1963, 1964, 1973, jusqu’au génocide de 1994 célébré comme « La révolution sociale »1.
Ce message n’était qu’une variante de la déclaration qu’Adolf Hitler fit au Reichstag le 30 janvier 1933 : « Si les financiers juifs internationaux parvenaient une fois de plus à plonger la nation allemande dans une guerre totale et mondiale, il ne serait pas la victoire du Judaïsme mais son anéantissement total ».
Kayibanda comme Hitler, derrière les mises en garde contre les « provocations », cherchaient à garder la pureté raciale de leurs peuples, en se présentant comme des victimes et justifiant ainsi les violences contre leurs minorités Tutsi ou Juive.
Dans les années 50, Kayibanda s’était rendu en Belgique grâce à une bourse de l’église catholique, pour représenter le Rwanda au congrès international de la JOC (jeunesse ouvrière catholique) ; c’est au cours de ce voyage qu’il découvrit les théories raciales et les ferveurs nationalistes d’avant et après-guerre. A son retour au Rwanda, il put alors commencer avec neuf autres « intellectuels », l’élaboration du manifeste Bahutu de 1957.
Plus tard deux autres personnes, Théoneste Bagosara et Léon Mugesara, fortement influencés par Kayibanda, développèrent cette pseudo théorie de supériorité raciale qu’un historien français appela , « le nazisme tropical »2.
Le lien de l’idéologie de Bagosara et de Mugesara avec le nazisme est indéniable, puisque, comme Hitler, ils considéraient la pureté ethnique comme la pierre angulaire du pays.
Le manifeste Bahutu évoque rapidement un « problème » « Tutsi », cette population étant désignée comme des « envahisseurs étrangers » portant une menace existentielle par la dilution du peuple Hutu3.
A l’instar de Mein Kampf, ce manifeste d’essence racialiste estimait que la disparition d’un groupe minoritaire allait de soi pour préserver la survie de son peuple. Ainsi, de Kayibanda à Mugesera et Bagosara, se mit au point une propagande diabolique digne de celle de Joseph Goebbels, pour justifier la haine et la déshumanisation d’un peuple entier.
C’est le point commun entre le génocide Tutsi et l’Holocauste puisque une même idéologie propose de faire perdre tout caractère humain à un peuple, tout en présentant les victimes comme des « ennemis de l’intérieur » ou des « parasites ».
Les pouvoirs Hutus successifs ont mis en place et orchestré une propagande dès 1957 dans les médias publics, des meetings enflammés et surtout avec la radio des Mille collines qui diffusait un ensemble de fausses rumeurs sur le peuple Tutsi.
Le massacre dura du 7 avril au 17 Juillet 1994, occasionnant la mort de 800 000 Tutsis et fut nommé le génocide à la machette



