Avant de devenir le premier Président de la République Israélienne, Haim Weizmann était un illustre savant. En 1916, il mit au point un mécanisme de fermentation bactérienne permettant de produire de grandes quantités de substances. Un résultat pratique de sa découverte fut la production d’acétone, un composé essentiel pour la fabrication d’explosifs. Ce fut une aubaine pour les Alliés de l’époque (Angleterre, France, Italie), en pleine Première Guerre Mondiale.
Mais ‘Haim Weizmann ne fut pas seulement un grand scientifique. Il est né Juif et sa condition le fit devenir sioniste aux côtés de Théodore Herzl (fondateur du sionisme moderne). Militant infatigable de la cause, il cherchait toujours à convaincre.
Un jour, il demanda un rendez-vous à Paul Ehrlich, un médecin allemand, né juif lui aussi. Il voulait absolument le convaincre de soutenir l’installation d’un État Juif en Eretz Israël alors que cette terre vivait ses derniers instants sous domination ottomane, avant de devenir colonie britannique. Paul Ehrlich était lui aussi un grand professeur de renom. Il a été le père de la chimiothérapie, et fut prix Nobel de médecine en 1908. Sa judéité ne le tracassait pas outre mesure.
Lors de leur entretien, ‘Haim Weizmann le pressait avec fougue de rejoindre la cause sioniste. Il alignait les arguments les uns après les autres, tant et si bien que le temps s’écoulait. Paul Ehrlich, pas convaincu, s’impatienta :
“ – Vous savez, Docteur Weizmann, je reçois des centaines de personnes par semaine et je ne leur accorde que quelques minutes. Vous m’avez déjà pris trois quart d’heure de mon temps.
Le Docteur Weizmann ne se démonta pas et lui répondit :
“ – Oui, mais il y a une grande différence. Les gens viennent vous voir pour que vous les guérissiez. Moi je viens vous voir pour vous sauver”.
Le professeur Ehrlich, né Juif en Allemagne mourut en 1915 d’un accident vasculaire cérébral. Il n’eut pas le loisir de vérifier dans la pratique le bien-fondé de l’argumentation de Weizmann.



