Observez bien les fenêtres de vos voisins durant la semaine du 14 au 22 décembre. Peut-être, aurez-vous la chance d’y voir luire des bougies.
Et vous vous demandez : « Pourquoi » ? »
Non seulement notre revue va vous dire pourquoi, mais aussi ce que cette fête apporte non seulement aux Juifs mais aussi à toute l’humanité
Vous présenter Hanouka, c’est l’occasion d’éclairer à la fois l’histoire du peuple juif et la portée universelle de ce récit.
Hanouka n’est pas seulement un souvenir juif, c’est une clé pour comprendre comment Israël, malgré les empires qui l’ont envahi et les exils qu’il a subis, a toujours gardé sa flamme.
Et ce message peut inspirer toute communauté qui lutte pour préserver son identité et sa liberté.
Hanouka, c’est l’histoire d’une petite flamme qui aurait dû s’éteindre… mais qui continue de briller. Comme le peuple d’Israël à travers l’histoire, une petite lumière peut toujours vaincre une grande obscurité.
Fermez les yeux un instant…
Imaginez une nuit profonde, sans lune ni étoile. L’air est froid, le silence lourd. Tout semble figé dans l’obscurité. Et puis… un craquement, un souffle. Une petite flamme apparaît.
Elle tremble, fragile, comme si le moindre vent allait l’éteindre. Elle n’a presque rien pour elle – un peu d’huile, une mèche fine. Pourtant, elle s’élève, elle danse, elle résiste.
Imaginez une grande pièce plongée dans l’obscurité. Vous allumez une seule petite bougie. Elle est minuscule. Autour d’elle, l’ombre est épaisse. On croit qu’elle va l’avaler. Mais non. La lumière pousse les ténèbres, doucement, presque timidement. Et soudain, la pièce n’est plus la même : ce qui était invisible se dévoile, les murs reprennent forme, les visages se distinguent. Aussitôt, l’obscurité n’est plus totale.
C’est exactement cela, le miracle de Hanouka : une petite flamme qui aurait dû s’éteindre rapidement, mais qui continue à briller bien au-delà de toute attente.
De la même façon, à travers l’histoire, la petite lumière du peuple juif ne s’est jamais éteinte.
Elle est née d’un peuple minuscule au milieu des empires. On a voulu l’étouffer, l’assimiler, le faire disparaître. On a cru que sa foi et sa mémoire ne tiendraient pas. Mais la lumière a tenu. Elle a traversé les siècles, les exils, les destructions, les persécutions, même la nuit la plus noire de l’histoire moderne. Toujours vacillante, jamais éteinte.
La flamme de Hanouka n’est pas seulement un souvenir. Elle est une parabole. Elle dit que dans la vie, une seule étincelle peut suffire. Un mot de vérité, un geste de courage, un acte de fidélité à soi-même — et voilà que l’obscurité recule.
Hanouka nous enseigne que, dans le monde, il suffit parfois d’une seule lumière de courage, de foi ou de liberté pour repousser une grande obscurité.»
Quand nous allumons les bougies de Hanouka, nous entendons presque leur crépitement, nous voyons leur lumière danser sur les murs, nous sentons la chaleur douce qui se répand. C’est plus qu’un rituel : c’est un langage universel. Il dit à chaque être humain, où qu’il soit :
Tu peux être cette flamme Tu peux être cette lumière Tu peux éclairer autour de toi, même si tu te crois trop petit, trop faible, trop fragile.
Car la vérité est là : tant qu’une seule flamme brûle, l’obscurité n’a jamais le dernier mot.
Il était une fois, dans un monde souvent plongé dans l’obscurité, une flamme fragile. À première vue, elle paraissait minuscule, presque insignifiante, mais elle portait en elle un éclat que rien ne pouvait détruire. Cette lumière naît dans le silence, au creux des cœurs les plus simples, et brille même lorsque tout semble perdu.
Le vent soufflait fort, l’ombre s’étendait, et parfois la pluie semblait vouloir l’éteindre. Mais la flamme continuait de danser, tremblante, vacillante, et pourtant persistante. Chaque fois qu’elle survivait, elle rappelait une vérité profonde : la force ne se mesure pas toujours à la taille ou à la puissance. Même la plus petite lumière peut illuminer l’obscurité la plus totale.
Dans son chemin, la flamme a traversé des montagnes de doute, des tempêtes de peur et des vallées de solitude. Elle a traversé les nuits où l’injustice semblait triompher, où la violence et l’oubli menaçaient de tout recouvrir. Et pourtant, elle a survécu. Chaque vacillement a été un souffle de courage, chaque scintillement un message : « Je suis ici. Je brûle encore. »
Peu à peu, d’autres flammes se sont allumées autour d’elle. D’abord timides, elles ont grandi, jusqu’à ce que l’ensemble forme un chœur de lumières, chacune soutenant l’autre, chacune renforçant l’éclat de la première. Ensemble, elles ont montré que la persévérance et la fidélité peuvent triompher là où la force brute échoue.
Hanouka célèbre cette flamme. Elle raconte qu’une lumière, si petite soit-elle, peut changer l’histoire. Que la fidélité à ses valeurs, la résistance à l’oppression et le courage de rester soi-même face à l’adversité sont plus puissants que n’importe quelle obscurité. Cette flamme n’appartient pas à un seul peuple, à une seule culture, ou à une seule tradition. Elle appartient à tous ceux qui refusent de se laisser écraser par la peur ou la haine.
Lorsque les juifs allument une bougie de Hanouka, ils n’évoquent pas seulement la mémoire d’un miracle ancien : ils font le choix de la lumière dans notre propre vie. Ils rappellent à ceux qui nous entourent qu’il suffit parfois d’un seul souffle de courage, d’une seule étincelle d’espoir pour que l’obscurité recule. Ils transmettent cette lumière aux générations futures, pour qu’elle continue de brûler dans les cœurs, malgré les vents, la pluie ou les tempêtes.
Et la flamme continue. Elle traverse le temps et l’espace, fragile mais invincible, petite mais immense par ce qu’elle inspire. Elle nous enseigne que la lumière peut naître de la plus simple étincelle, qu’elle peut traverser les siècles, et que tant qu’une seule flamme brûle, l’obscurité n’a jamais le dernier mot.
Hanouka est donc plus qu’une fête. C’est un conte vivant, un message universel, un rappel que dans chaque cœur humain, dans chaque communauté, il existe une lumière prête à s’allumer et à briller. Une lumière qui, même lorsqu’elle semble minuscule, a le pouvoir de transformer le monde.
On peut aborder le mystère à trois niveaux : le contexte historique, le sens du miracle, et sa résonance dans l’histoire plus large des exils et des résistances d’Israël.
1. Le contexte historique
Il y a plus de deux mille ans, le peuple d’Israël vivait sous la domination d’un empire qui voulait effacer sa foi et son identité. Les lois, les coutumes et la mémoire du Temple de Jérusalem devaient disparaître au profit d’une culture imposée par la force. Beaucoup pensaient qu’un petit peuple ne pouvait pas résister à une telle puissance. Et pourtant, une poignée d’hommes, les Maccabées, osa dire non. Ils se levèrent, et contre toute logique, remportèrent une victoire qui permit de rendre au Temple son rôle de sanctuaire.
- Époque : IIe siècle avant notre ère, sous domination de l’Empire séleucide (héritiers d’Alexandre le Grand).
- Tension : Le pouvoir impose une uniformisation culturelle et religieuse (culte païen, interdiction de la pratique juive).
- Résistance : Une petite communauté (les Maccabées) refuse d’abandonner la Torah et la pratique ancestrale. Ils mènent une révolte disproportionnée face à un empire militaire écrasant.
- Victoire : Contre toute attente, Israël retrouve son indépendance pour un temps et réinstalle le culte au Temple de Jérusalem.
2. Le miracle de Hanouka
C’est alors qu’eut lieu le signe qui fonde Hanouka : une petite fiole d’huile, suffisante pour un seul jour, brûla huit jours. Cette flamme fragile, qui aurait dû s’éteindre, continua de briller. Elle devint le symbole de ce que l’histoire d’Israël allait répéter encore et encore : face à l’oppression, face à l’exil, face aux empires qui semblaient invincibles, la lumière du peuple juif ne s’est jamais éteinte.
3. Mise en perspective avec l’histoire d’Israël
On peut faire un parallèle avec les cycles récurrents de l’histoire juive : Égypte, Babylone, Rome, exils médiévaux, expulsions d’Espagne, pogroms, Shoah
La petite flamme de Hanouka, qui aurait dû s’éteindre dans le Temple de Jérusalem, n’a jamais cessé de brûler. Hanouka, ce n’est donc pas seulement une fête du passé : c’est le récit condensé d’une histoire qui traverse les millénaires ; l’histoire d’un peuple petit par le nombre, souvent dispersé, mais qui refuse de laisser l’obscurité l’emporter.
Et cette histoire s’est écrite non seulement dans l’Antiquité, mais aussi dans les mille dernières années, à travers les exils, les renaissances et les épreuves du peuple juif. A chaque fois, Israël est confronté à des puissances qui cherchent à effacer sa singularité religieuse ou nationale.
On la retrouve dans l’exil de Babylone, quand les prophètes ont maintenu la promesse d’un retour. On la retrouve après la destruction du Temple par Rome, quand les sages ont transformé l’étude en lieu de rencontre avec le divin, permettant au judaïsme de survivre sans sanctuaire. Elle brille encore au Moyen Âge, alors que des communautés entières sont expulsées d’Espagne ou de France mais emportent avec elles leurs livres, leurs prières et leur savoir. Elle traverse les siècles des pogroms et même la nuit effroyable de la Shoah, où l’on aurait pu croire que tout allait s’éteindre. Et pourtant, une fois encore, la flamme a survécu, et le peuple juif s’est relevé, jusqu’à retrouver une terre et une voix dans le concert des nations.
Au Moyen Âge, lorsque les communautés d’Europe et du monde musulman connaissaient à la fois des âges d’or et des persécutions, la flamme brillait dans les maisons modestes où l’on étudiait la Torah à la lueur des chandelles, dans les académies de Cordoue, de Narbonne ou de Mayence. Même quand venaient les Croisades et leurs massacres, même quand des royaumes expulsaient les Juifs — d’Angleterre en 1290, de France en 1306, d’Espagne en 1492 — la flamme était emportée dans les bagages, comme un trésor invisible.
Dans les siècles suivants, la lumière a migré avec les communautés juives : vers l’Empire ottoman, où Salonique ou Istanbul accueillirent des réfugiés, vers l’Afrique du Nord, vers la Pologne et la Lituanie, où les shtetl firent naître une culture vibrante de chants, d’études et de prières. Chaque exil aurait pu éteindre la flamme ; mais elle s’est multipliée, se réinventant dans chaque langue, chaque mélodie, chaque foyer.
Puis vinrent les temps modernes. Aux XVIIIe et XIXe siècles, avec l’émancipation en Europe, la flamme prit un nouveau visage : celui de l’intégration, de la culture, de la science, de la pensée. Mais elle dut affronter aussi une autre obscurité : celle de l’antisémitisme moderne, qui culmina au XXe siècle dans la nuit de la Shoah. Là, dans les ghettos et les camps, allumer une flamme devenait un acte de résistance. Et pourtant, certains l’ont fait : une Hanoukia dessinée, une bougie improvisée, un chant murmuré dans l’obscurité absolue. Même là, la lumière n’a pas été éteinte.
Et puis, après cette nuit, un autre miracle : la renaissance d’Israël sur sa terre.
Comme une flamme qui, après avoir vacillé, reprend vigueur et éclaire à nouveau. Depuis 1948, malgré les guerres, les menaces et les épreuves, la petite lumière s’est transformée en un foyer rayonnant, une société vivante qui rassemble les exilés des quatre coins du monde.
Aujourd’hui encore, chaque bougie de Hanouka raconte tout cela. Elle raconte le peuple des exils et des retours, des ténèbres et des renaissances. Elle dit que la lumière n’est pas seulement un symbole ancien, mais une réalité historique : malgré les expulsions, les pogroms, les génocides, malgré tout ce qui aurait dû l’éteindre, Israël — le peuple et la terre — brille encore.
Elle dit que deux ans après le pogrom du 7 octobre 2023, le chabbat où les juifs vivaient la joie de la Thora et ont subi l’assassinat de 1 195 personnes et le rapt de 250 innocents, les derniers otages ont pu être libérés le 13 octobre 2025, jour de Hoshana Raba qui voit le jugement de l’année scellé dans le cœur de chaque juif.
Ainsi, malgré ces oppressions, le peuple juif subsiste, se régénère, et porte sa lumière dans le monde.
Hanouka devient donc une métaphore de la survie juive : la petite flamme qui n’aurait pas dû durer traverse les siècles, comme le peuple d’Israël lui-même, malgré invasions et exils.
Et ce message reste universel : il dit à l’humanité entière qu’aucune épreuve, aucun empire, aucune nuit n’est capable d’éteindre une lumière portée avec fidélité et courage.
- La résistance d’une minorité contre l’effacement culturel.
- La persistance de la liberté religieuse et de la dignité humaine face à la contrainte.
- L’espérance que la “petite lumière” de l’identité, de la foi ou de la justice peut vaincre l’obscurité, même quand elle semble trop faible.
C’est donc aussi une leçon pour tous.
Hanouka n’appartient pas seulement aux Juifs. Elle parle à chaque être humain. Elle dit que face aux forces qui écrasent, à la tentation de l’oubli, à l’uniformisation qui étouffe les différences, il est possible de garder une étincelle vivante. Elle dit qu’une minorité peut se lever contre une majorité, que la fragilité peut devenir une force, et que la fidélité à la liberté et à la dignité finit toujours par éclairer au-delà de ce que l’on croyait possible.
Chaque bougie de Hanouka est donc bien plus qu’un souvenir. Elle est une proclamation : même une petite lumière peut vaincre une grande obscurité. Et tant que cette vérité est rappelée, il y a de l’espérance pour tous les peuples et pour toute l’humanité.
Il existe, dans chaque histoire humaine, une lumière fragile.
Une flamme minuscule, parfois à peine visible, mais qui, contre toute attente, refuse de s’éteindre. Elle peut naître dans un coin oublié, dans un cœur assombri, dans un instant de solitude ou de désespoir. Et pourtant, elle brille.
Des forces immenses s’acharnent souvent contre elle.
L’ombre tente de la recouvrir, le vent menace de l’éteindre, la pluie pourrait l’éteindre. La peur, la violence, l’injustice semblent vouloir l’anéantir. Mais la flamme persiste. Elle vacille, tremble, mais continue de brûler. Et dans sa fragilité, elle porte une force invisible : celle de la résistance, celle de l’espérance, celle de la vie qui refuse de se soumettre à l’obscurité.
Cette lumière, chaque fois qu’elle survit, rappelle une vérité simple et universelle : la grandeur n’est pas toujours dans le nombre, dans la puissance ou dans la force visible. La véritable force peut naître dans ce qui paraît faible, dans ce qui semble fragile. Une seule flamme peut éclairer une pièce entière, repousser l’obscurité et indiquer un chemin. Elle peut inspirer d’autres flammes, qui à leur tour s’allument, et finir par illuminer l’horizon entier.
Hanouka est la célébration de cette flamme. Elle nous rappelle que, dans les moments où tout semble perdu, où les ténèbres semblent invincibles, la persévérance, la fidélité à ses valeurs et le courage de briller même modestement peuvent changer le monde. Chaque bougie allumée est un acte d’espérance, un témoignage que la lumière ne disparaît jamais vraiment, qu’elle se transmet, qu’elle traverse le temps, qu’elle se propage d’un cœur à l’autre.
Et cette lumière ne se limite pas à un peuple ou à une religion. Elle parle à tous. À chaque individu qui doute de sa propre force. À chaque communauté qui lutte pour sa dignité, pour sa liberté, pour sa culture ou son identité. À chaque personne qui se sent seule dans la nuit. Car ce que Hanouka enseigne, c’est que même la plus petite flamme peut traverser les siècles, résister aux vents les plus violents et rappeler à tous que l’obscurité n’est jamais totale.
Ainsi, allumer la flamme de Hanouka, c’est bien plus qu’un geste symbolique. C’est un acte de courage et d’espérance. C’est la promesse que la lumière peut renaître, encore et encore, et qu’elle continue de briller tant que nous croyons en elle.
Tant qu’une seule flamme brûle, l’obscurité ne peut jamais tout recouvrir.
Tant qu’une seule flamme brûle, il y a de l’espoir pour le monde.
