{"id":679,"date":"2026-02-21T14:10:40","date_gmt":"2026-02-21T13:10:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/?p=679"},"modified":"2026-03-01T09:38:16","modified_gmt":"2026-03-01T08:38:16","slug":"le-triple-souffle-nefech-rouah-neshamah","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/2026\/02\/21\/le-triple-souffle-nefech-rouah-neshamah\/","title":{"rendered":"Le triple souffle\u00a0: Nefech \u2013 Rouah \u2013 Neshamah"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019humain re\u00e7oit le \u00ab souffle \u00bb comme concept spirituel (\u05e8\u05d5\u05bc\u05d7\u05b7 \/ roua\u1e25) et principe de vie (<em>nishmat \u1e25ayyim<\/em>)\u00a0: dans la Torah (le Pentateuque), le souffle est associ\u00e9 \u00e0 la vie, \u00e0 l\u2019esprit ou \u00e0 la pr\u00e9sence divine.<br \/>Gen\u00e8se 2:7 <sup><a id=\"post-679-footnote-ref-2\" href=\"#post-679-footnote-2\">[1]<\/a><\/sup>: \u00ab L\u2019\u00c9ternel Dieu forma l\u2019homme de la poussi\u00e8re de la terre, il souffla (vayipah be\u2019apav) dans ses narines un souffle de vie (nishmat \u1e25ayyim), et l\u2019homme devint un \u00eatre vivant (nefech \u1e25ayah). \u00bb<br \/>Ici, le <em>souffle<\/em> n\u2019est pas simplement de l\u2019air : il est transmission de vie, animation de la mati\u00e8re.<br \/>L\u2019humain devient vivant non par sa chair, mais parce qu\u2019il est habit\u00e9 d\u2019un souffle qui le relie \u00e0 l\u2019origine.<br \/>Les ma\u00eetres d\u2019Isra\u00ebl diront que le souffle donn\u00e9 est aussi une part de la <em>neshamah<\/em>, une \u00e9tincelle de l\u2019esprit vivant.<\/p>\n<p>Puis il per\u00e7oit le souffle cr\u00e9ateur (<em>roua\u1e25 Elohim<\/em>)<strong><br \/><\/strong>Gen\u00e8se 1:2<sup><a id=\"post-679-footnote-ref-3\" href=\"#post-679-footnote-3\">[2]<\/a><\/sup> : \u00ab Le souffle (roua\u1e25) de l\u2019Eternel planait au-dessus des eaux. \u00bb<br \/>Le roua\u1e25 Elohim peut \u00eatre compris comme le vent, l\u2019esprit ou la pr\u00e9sence vivante de la transcendance agissant dans la cr\u00e9ation. Avant toute forme, il y a mouvement, vibration. Le <em>roua\u1e25<\/em> est la premi\u00e8re dynamique, le principe qui s\u00e9pare, ordonne et anime. Ce souffle, planant (<em>mera\u1e25\u00e9fet<\/em>), est comme un battement d\u2019ailes, une respiration cosmique. La cr\u00e9ation ne commence pas par la parole seule, mais par un souffle\u00a0: la parole n\u2019en est que le prolongement.<\/p>\n<p>Enfin, le souffle dans un sens mystique ou symbolique (<em>Nefech \u2013 Roua\u1e25 \u2013 Neshamah). <\/em>La tradition juive \u00e9voque plusieurs termes pour la vie int\u00e9rieure, le souffle repr\u00e9sente la force vitale qui anime toute chose. On parle parfois de trois niveaux de conscience :<\/p>\n<ul>\n<li>Nefech (\u05e0\u05e4\u05e9) : la vitalit\u00e9, le souffle corporel, les d\u00e9sirs.<\/li>\n<li>Roua\u1e25 (\u05e8\u05d5\u05d7) : le souffle \u00e9motionnel, moral, l\u2019esprit qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve.<\/li>\n<li>Neshamah (\u05e0\u05e9\u05de\u05d4) : le souffle sup\u00e9rieur, conscience spirituelle.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le souffle proph\u00e9tique et la parole\u00a0: les proph\u00e8tes \u00ab entendent \u00bb la parole parce qu\u2019ils re\u00e7oivent le souffle.<br \/>Le <em>roua\u1e25<\/em> de YHVH les saisit (<em>va-tehi alay roua\u1e25 Adona\u00ef<\/em>)\u00a0: ce n\u2019est pas une possession mais une expansion de conscience. La parole proph\u00e9tique n\u2019est pas intellectuelle : elle est <em>souffl\u00e9e<\/em>, prononc\u00e9e dans une respiration inspir\u00e9e.<\/p>\n<p>Le souffle comme \u00e9thique et lien. Dans la pens\u00e9e rabbinique et chez des penseurs comme Levinas, le souffle est aussi relation : respirer, c\u2019est recevoir et donner. Chaque \u00eatre vivant participe au m\u00eame souffle\u00a0: une \u00e9thique du respect, car le souffle de l\u2019autre proc\u00e8de du m\u00eame don.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Trois niveaux de respiration :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>(Nefech \u2013 Roua\u1e25 \u2013 Neshamah \u2013 et leurs prolongements : \u1e24ayah, Ye\u1e25idah)<\/em><\/p>\n<p>La Kabbale d\u00e9crit l\u2019\u00eatre humain comme travers\u00e9 par un souffle \u00e0 plusieurs niveaux, depuis le plus incarn\u00e9 jusqu\u2019au plus subtil\u00a0: l\u2019un dans le corps, l\u2019autre dans le c\u0153ur, le dernier dans la conscience. Ce n\u2019est pas un syst\u00e8me d\u2019\u00eatres surnaturels : c\u2019est une architecture de la conscience, une gradation du vivant. Elle d\u00e9termine les trois souffles et leur ajoute deux niveaux sup\u00e9rieurs\u00a0:<\/p>\n<p><em>Nefech<\/em> \u2013 souffle vital, ancr\u00e9 dans le corps, \u00e9nergie de base : survie, mouvement, instincts, \u00e9motions premi\u00e8res. L\u2019\u00e9motion y na\u00eet comme une r\u00e9action du vivant. C\u2019est le niveau qui relie l\u2019\u00eatre humain au monde physique, au besoin, au cycle. On peut m\u00e9taphoriquement le comparer \u00e0 la braise encore couverte de cendre\u00a0; elle vit, mais ne s\u2019\u00e9l\u00e8ve pas encore.<\/p>\n<p><em>Roua\u1e25<\/em> \u2013 souffle psychique, moral et relationnel. C\u2019est le vent int\u00e9rieur, l\u2019espace des choix. Il filtre, oriente, donne un sens aux impulsions de la nefech. Il est mouvement, vers l\u2019autre, vers la parole, vers le juste. On peut m\u00e9taphoriquement le comparer \u00e0 la braise qui commence \u00e0 rougeoyer et \u00e0 \u00e9clairer.<\/p>\n<p><em>Neshamah <\/em>\u2013 souffle de conscience. C\u2019est le regard int\u00e9rieur, l\u2019intuition du sens, le \u201ccalme\u201d de l\u2019\u00eatre. Ici, l\u2019\u00eatre humain devient capable de compr\u00e9hension, de lucidit\u00e9, de profondeur. Elle est le niveau le plus proche du silence, l\u00e0 o\u00f9 la pens\u00e9e devient contemplation. On peut m\u00e9taphoriquement le comparer \u00e0 la flamme stable, qui ne br\u00fble rien mais \u00e9claire.<\/p>\n<p><em>\u1e24ayah<\/em> \u2013 souffle de vie expansive. \u00c9tat de conscience o\u00f9 l\u2019on ressent un lien vital avec toute existence, une perception d\u2019unit\u00e9, d\u2019interconnexion. Niveau rare, approch\u00e9 dans la m\u00e9ditation ou les moments de lucidit\u00e9 intense. On peut m\u00e9taphoriquement le comparer \u00e0 la flamme qui illumine tout autour.<\/p>\n<p><em>Ye\u1e25idah<\/em> \u2013 souffle d\u2019unicit\u00e9. Le point le plus intime, o\u00f9 la personne per\u00e7oit son existence comme part d\u2019un tout. \u00c9tat de simplicit\u00e9 absolue, de grande paix int\u00e9rieure. Les textes disent : \u201cun point qui ne se s\u00e9pare jamais\u201d. On peut m\u00e9taphoriquement le comparer au foyer m\u00eame du feu, la source invisible de l\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n<p>Au commencement, il y a une respiration chaude, presque animale, un souffle qui cherche la lumi\u00e8re<br \/>comme une plante cherche l\u2019aube. Ce n\u2019est pas encore la parole, \u00e0 peine un fr\u00e9missement, une pulsation dans le sang.<\/p>\n<p>Nefech,<br \/>c\u2019est le battement qui dit simplement :<\/p>\n<p>\u00ab Je suis vivant Je veux durer Je veux me lever. \u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est la vie qui se r\u00e9veille dans la chair encore lourde de silence.<\/p>\n<p>Puis vient un souffle plus haut, un vent int\u00e9rieur, qui apprend \u00e0 dire \u00ab tu \u00bb.<\/p>\n<p>Il traverse la poitrine, ouvre la cage du c\u0153ur, et fait vibrer la voix.<\/p>\n<p>Roua\u1e25,<br \/>c\u2019est la respiration qui se risque vers l\u2019autre, l\u2019air qui circule entre deux visages,<br \/>l\u2019espace o\u00f9 naissent les mots, o\u00f9 l\u2019on commence \u00e0 comprendre<br \/>que vivre n\u2019a de sens qu\u2019en partage. C\u2019est le souffle qui apprend<\/p>\n<p>la fragilit\u00e9, la justice, le courage.<\/p>\n<p>Il fait de la vie un \u00e9lan et du c\u0153ur un passage.<\/p>\n<p>Et puis, tr\u00e8s loin, tr\u00e8s doucement, il y a un souffle qu\u2019on n\u2019entend presque pas,<br \/>un souffle qui ne bouge pas l\u2019air mais qui \u00e9claire l\u2019int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Il ne sert ni \u00e0 courir, ni \u00e0 parler, ni \u00e0 survivre\u00a0: il sert \u00e0 voir.<\/p>\n<p>Neshamah,<br \/>c\u2019est la respiration de profondeur, le souffle qui donne forme \u00e0 l\u2019ombre,<br \/>celui qui murmure dans les instants de v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est le calme au c\u0153ur du tumulte, la lucidit\u00e9 derri\u00e8re les paupi\u00e8res ferm\u00e9es.<\/p>\n<p>Un souffle qui ne veut rien, qui n\u2019exige rien, qui simplement r\u00e9v\u00e8le :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u00ab Tu es plus vaste que tes peurs.<br \/>Plus lumineux que tes blessures.<br \/>Plus libre que tes habitudes. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>La nefech te donne la vie Le roua\u1e25 te donne le monde La neshamah te donne la hauteur.<\/p>\n<p>Trois respirations, trois \u00e9tages du m\u00eame \u00eatre, trois portes qui s\u2019ouvrent vers toi-m\u00eame.<\/p>\n<p>Dans chaque souffle, il y a une direction. Dans les trois r\u00e9unis, il y a un chemin.<\/p>\n<p>Respire.<br \/>Sens la vie qui circule simplement, celle qui te tient debout sans demander autre chose que d\u2019\u00eatre.<\/p>\n<p>Respire encore.<br \/>Laisse le souffle s\u2019ouvrir, aller vers ce qui t\u2019entoure, devenir \u00e9change, pr\u00e9sence, relation.<\/p>\n<p>Respire plus doucement.<br \/>Derri\u00e8re l\u2019air qui entre et sort, per\u00e7ois le silence qui ne bouge pas, la lumi\u00e8re int\u00e9rieure qui ne d\u00e9pend de rien.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Trois souffles, une seule respiration Le vivant, l\u2019ouverture, la clart\u00e9<\/em><br \/><em>\u00c0 chaque instant, ils sont d\u00e9j\u00e0 l\u00e0.<\/em><\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><a href=\"http:\/\/sefarim.fr\/Pentateuque_Gen%E8se_2_7.aspx\">http:\/\/sefarim.fr\/Pentateuque_Gen%E8se_2_7.aspx<\/a> <a href=\"#post-679-footnote-ref-2\">\u2191<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"http:\/\/sefarim.fr\/Pentateuque_Gen%E8se_1_2.aspx\">http:\/\/sefarim.fr\/Pentateuque_Gen%E8se_1_2.aspx<\/a> <a href=\"#post-679-footnote-ref-3\">\u2191<\/a><\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019humain re\u00e7oit le \u00ab souffle \u00bb comme concept spirituel (\u05e8\u05d5\u05bc\u05d7\u05b7 \/ roua\u1e25) et principe de vie (nishmat \u1e25ayyim)\u00a0: dans la Torah (le Pentateuque), le souffle est associ\u00e9 \u00e0 la vie, \u00e0 l\u2019esprit ou \u00e0 la pr\u00e9sence divine.Gen\u00e8se 2:7 [1]: \u00ab L\u2019\u00c9ternel Dieu forma l\u2019homme de la poussi\u00e8re de la terre, il souffla (vayipah be\u2019apav) dans ses narines un souffle de vie (nishmat \u1e25ayyim), et l\u2019homme devint un \u00eatre vivant (nefech \u1e25ayah). \u00bbIci, le souffle n\u2019est pas simplement de l\u2019air : il est transmission de vie, animation de la mati\u00e8re.L\u2019humain devient vivant non par sa chair, mais parce qu\u2019il est habit\u00e9 d\u2019un souffle qui le relie \u00e0 l\u2019origine.Les ma\u00eetres d\u2019Isra\u00ebl diront que le souffle donn\u00e9 est aussi une part de la neshamah, une \u00e9tincelle de l\u2019esprit vivant. Puis il per\u00e7oit le souffle cr\u00e9ateur (roua\u1e25 Elohim)Gen\u00e8se 1:2[2] : \u00ab Le souffle (roua\u1e25) de l\u2019Eternel planait au-dessus des eaux. \u00bbLe roua\u1e25 Elohim peut \u00eatre compris comme le vent, l\u2019esprit ou la pr\u00e9sence vivante de la transcendance agissant dans la cr\u00e9ation. Avant toute forme, il y a mouvement, vibration. Le roua\u1e25 est la premi\u00e8re dynamique, le principe qui s\u00e9pare, ordonne et anime. Ce souffle, planant (mera\u1e25\u00e9fet), est comme un battement d\u2019ailes, une respiration cosmique. La cr\u00e9ation ne commence pas par la parole seule, mais par un souffle\u00a0: la parole n\u2019en est que le prolongement. Enfin, le souffle dans un sens mystique ou symbolique (Nefech \u2013 Roua\u1e25 \u2013 Neshamah). La tradition juive \u00e9voque plusieurs termes pour la vie int\u00e9rieure, le souffle repr\u00e9sente la force vitale qui anime toute chose. On parle parfois de trois niveaux de conscience : Nefech (\u05e0\u05e4\u05e9) : la vitalit\u00e9, le souffle corporel, les d\u00e9sirs. Roua\u1e25 (\u05e8\u05d5\u05d7) : le souffle \u00e9motionnel, moral, l\u2019esprit qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve. Neshamah (\u05e0\u05e9\u05de\u05d4) : le souffle sup\u00e9rieur, conscience spirituelle. Le souffle proph\u00e9tique et la parole\u00a0: les proph\u00e8tes \u00ab entendent \u00bb la parole parce qu\u2019ils re\u00e7oivent le souffle.Le roua\u1e25 de YHVH les saisit (va-tehi alay roua\u1e25 Adona\u00ef)\u00a0: ce n\u2019est pas une possession mais une expansion de conscience. La parole proph\u00e9tique n\u2019est pas intellectuelle : elle est souffl\u00e9e, prononc\u00e9e dans une respiration inspir\u00e9e. Le souffle comme \u00e9thique et lien. Dans la pens\u00e9e rabbinique et chez des penseurs comme Levinas, le souffle est aussi relation : respirer, c\u2019est recevoir et donner. Chaque \u00eatre vivant participe au m\u00eame souffle\u00a0: une \u00e9thique du respect, car le souffle de l\u2019autre proc\u00e8de du m\u00eame don. Trois niveaux de respiration : (Nefech \u2013 Roua\u1e25 \u2013 Neshamah \u2013 et leurs prolongements : \u1e24ayah, Ye\u1e25idah) La Kabbale d\u00e9crit l\u2019\u00eatre humain comme travers\u00e9 par un souffle \u00e0 plusieurs niveaux, depuis le plus incarn\u00e9 jusqu\u2019au plus subtil\u00a0: l\u2019un dans le corps, l\u2019autre dans le c\u0153ur, le dernier dans la conscience. Ce n\u2019est pas un syst\u00e8me d\u2019\u00eatres surnaturels : c\u2019est une architecture de la conscience, une gradation du vivant. Elle d\u00e9termine les trois souffles et leur ajoute deux niveaux sup\u00e9rieurs\u00a0: Nefech \u2013 souffle vital, ancr\u00e9 dans le corps, \u00e9nergie de base : survie, mouvement, instincts, \u00e9motions premi\u00e8res. L\u2019\u00e9motion y na\u00eet comme une r\u00e9action du vivant. C\u2019est le niveau qui relie l\u2019\u00eatre humain au monde physique, au besoin, au cycle. On peut m\u00e9taphoriquement le comparer \u00e0 la braise encore couverte de cendre\u00a0; elle vit, mais ne s\u2019\u00e9l\u00e8ve pas encore. Roua\u1e25 \u2013 souffle psychique, moral et relationnel. C\u2019est le vent int\u00e9rieur, l\u2019espace des choix. Il filtre, oriente, donne un sens aux impulsions de la nefech. Il est mouvement, vers l\u2019autre, vers la parole, vers le juste. On peut m\u00e9taphoriquement le comparer \u00e0 la braise qui commence \u00e0 rougeoyer et \u00e0 \u00e9clairer. Neshamah \u2013 souffle de conscience. C\u2019est le regard int\u00e9rieur, l\u2019intuition du sens, le \u201ccalme\u201d de l\u2019\u00eatre. Ici, l\u2019\u00eatre humain devient capable de compr\u00e9hension, de lucidit\u00e9, de profondeur. Elle est le niveau le plus proche du silence, l\u00e0 o\u00f9 la pens\u00e9e devient contemplation. On peut m\u00e9taphoriquement le comparer \u00e0 la flamme stable, qui ne br\u00fble rien mais \u00e9claire. \u1e24ayah \u2013 souffle de vie expansive. \u00c9tat de conscience o\u00f9 l\u2019on ressent un lien vital avec toute existence, une perception d\u2019unit\u00e9, d\u2019interconnexion. Niveau rare, approch\u00e9 dans la m\u00e9ditation ou les moments de lucidit\u00e9 intense. On peut m\u00e9taphoriquement le comparer \u00e0 la flamme qui illumine tout autour. Ye\u1e25idah \u2013 souffle d\u2019unicit\u00e9. Le point le plus intime, o\u00f9 la personne per\u00e7oit son existence comme part d\u2019un tout. \u00c9tat de simplicit\u00e9 absolue, de grande paix int\u00e9rieure. Les textes disent : \u201cun point qui ne se s\u00e9pare jamais\u201d. On peut m\u00e9taphoriquement le comparer au foyer m\u00eame du feu, la source invisible de l\u2019\u00e9nergie. Au commencement, il y a une respiration chaude, presque animale, un souffle qui cherche la lumi\u00e8recomme une plante cherche l\u2019aube. Ce n\u2019est pas encore la parole, \u00e0 peine un fr\u00e9missement, une pulsation dans le sang. Nefech,c\u2019est le battement qui dit simplement : \u00ab Je suis vivant Je veux durer Je veux me lever. \u00bb C\u2019est la vie qui se r\u00e9veille dans la chair encore lourde de silence. Puis vient un souffle plus haut, un vent int\u00e9rieur, qui apprend \u00e0 dire \u00ab tu \u00bb. Il traverse la poitrine, ouvre la cage du c\u0153ur, et fait vibrer la voix. Roua\u1e25,c\u2019est la respiration qui se risque vers l\u2019autre, l\u2019air qui circule entre deux visages,l\u2019espace o\u00f9 naissent les mots, o\u00f9 l\u2019on commence \u00e0 comprendreque vivre n\u2019a de sens qu\u2019en partage. C\u2019est le souffle qui apprend la fragilit\u00e9, la justice, le courage. Il fait de la vie un \u00e9lan et du c\u0153ur un passage. Et puis, tr\u00e8s loin, tr\u00e8s doucement, il y a un souffle qu\u2019on n\u2019entend presque pas,un souffle qui ne bouge pas l\u2019air mais qui \u00e9claire l\u2019int\u00e9rieur. Il ne sert ni \u00e0 courir, ni \u00e0 parler, ni \u00e0 survivre\u00a0: il sert \u00e0 voir. Neshamah,c\u2019est la respiration de profondeur, le souffle qui donne forme \u00e0 l\u2019ombre,celui qui murmure dans les instants de v\u00e9rit\u00e9. C\u2019est le calme au c\u0153ur du tumulte, la lucidit\u00e9 derri\u00e8re les paupi\u00e8res ferm\u00e9es. Un souffle qui ne veut rien, qui n\u2019exige rien, qui simplement r\u00e9v\u00e8le : \u00ab Tu es plus vaste que tes peurs.Plus lumineux que tes blessures.Plus libre que tes habitudes. \u00bb La nefech te donne la vie Le roua\u1e25 te donne le monde La neshamah te donne la hauteur. Trois respirations, trois \u00e9tages du m\u00eame \u00eatre, trois portes qui s\u2019ouvrent vers toi-m\u00eame. Dans chaque souffle, il y a une direction. Dans les trois r\u00e9unis, il y a un chemin. Respire.Sens la vie qui circule simplement, celle qui te tient debout sans demander autre chose que d\u2019\u00eatre. Respire encore.Laisse le souffle s\u2019ouvrir, aller vers ce qui t\u2019entoure, devenir \u00e9change, pr\u00e9sence, relation. Respire plus doucement.Derri\u00e8re l\u2019air qui entre et sort, per\u00e7ois le silence qui ne bouge pas, la lumi\u00e8re int\u00e9rieure qui ne d\u00e9pend de rien. Trois souffles, une seule respiration Le vivant, l\u2019ouverture, la clart\u00e9\u00c0 chaque instant, ils sont d\u00e9j\u00e0 l\u00e0.<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":875,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31],"tags":[],"series":[32],"ppma_author":[25],"class_list":["post-679","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-arts-et-litterature","series-numero-2"],"authors":[{"term_id":25,"user_id":4,"is_guest":0,"slug":"jmmaigne","display_name":"Jean-Michel Maigne","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/c54fb3d88022aa8a34b6fb9e5d349bf56e30a3678f163c80bcd550d0ca11a704?s=96&d=mm&r=g","0":null,"1":"","2":"","3":"","4":"","5":"","6":"","7":"","8":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/679","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=679"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/679\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":981,"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/679\/revisions\/981"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/875"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=679"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=679"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=679"},{"taxonomy":"series","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/series?post=679"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=679"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}