{"id":587,"date":"2026-02-21T14:11:13","date_gmt":"2026-02-21T13:11:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/?p=587"},"modified":"2026-03-01T09:37:39","modified_gmt":"2026-03-01T08:37:39","slug":"ni-dieu-ni-maitre-mais-un-lien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/2026\/02\/21\/ni-dieu-ni-maitre-mais-un-lien\/","title":{"rendered":"Ni Dieu ni Ma\u00eetre&#8230;Mais un lien"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-pullquote has-background\" style=\"background:radial-gradient(rgb(255,255,255) 0%,rgb(219,231,238) 100%)\"><blockquote><p>Dans la Torah (et plus largement le Tanakh), le mot \u00ab serviteur \u201d est souvent traduit du terme h\u00e9breu \u05e2\u05d1\u05d3 (<em>\u2018eved<\/em>), qui signifie litt\u00e9ralement <em>esclave, serviteur, celui qui est au service de<\/em>.<br>Mais ce mot a plusieurs niveaux de signification : sur le plan social, il d\u00e9signe parfois une personne soumise \u00e0 un ma\u00eetre humain (comme dans les lois sur les esclaves h\u00e9breux, Exode 21) mais sur le plan spirituel, il d\u00e9signe une relation d\u2019alliance, de service librement consenti envers la Volont\u00e9.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, Mo\u00efse est appel\u00e9 \u00ab\u00a0serviteur de YHWH\u201d (\u05e2\u05d1\u05d3 \u05d9\u05b0\u05d4\u05d5\u05b8\u05d4, <em>Eved YHWH<\/em>, Deut\u00e9ronome 34:5), non pas comme un esclave, mais comme celui qui se met <em>au service de la transcendance<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La transcendance (ce qui d\u00e9passe tout concept, tout \u00eatre, tout nom) se distingue d\u2019un Dieu -personne ou d\u2019un ma\u00eetre hi\u00e9rarchique, comme certaines traditions juives le reconnaissent explicitement, notamment dans la Kabbale et la philosophie juive m\u00e9di\u00e9vale (Ma\u00efmonide, Cordovero, Luria\u2026). Le \u201c&nbsp;Dieu&nbsp;\u00bb transcendant (Ein Sof) est au-del\u00e0 de toute forme, volont\u00e9, ou rapport de domination. Ce n\u2019est pas un \u00ab ma\u00eetre \u00bb au sens anthropomorphique. Le service (\u2018avodah) n\u2019est pas une soumission \u00e0 une autorit\u00e9 ext\u00e9rieure, mais une orientation int\u00e9rieure vers cette R\u00e9alit\u00e9 ultime.<br>On ne sert pas un <em>ma\u00eetre<\/em>, on sert le R\u00e9el en se rendant transparent \u00e0 lui. Dans cette perspective, \u00eatre <em>serviteur<\/em> signifie se rendre disponible \u00e0 ce qui est plus grand que soi, non pas par ob\u00e9issance, mais par alignement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les proph\u00e8tes (Isa\u00efe 42\u201353), le \u201c <em>serviteur de YHWH<\/em> \u201d devient un symbole collectif \u2014 Isra\u00ebl lui-m\u00eame, ou le juste, qui incarne la volont\u00e9 divine dans le monde. Ce <em>serviteur souffrant<\/em> ne sert pas par crainte, mais par compassion et lucidit\u00e9 : il porte le monde dans sa chair, il devient le canal de la Pr\u00e9sence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la langue biblique, \u201c servir Dieu \u201d (<em>\u2018avodat Elohim<\/em>, \u05e2\u05b2\u05d1\u05d5\u05b9\u05d3\u05b7\u05ea \u05d0\u05b1\u05dc\u05b9\u05d4\u05b4\u05d9\u05dd*) est une expression symbolique car dans la tradition juive, <em>Elohim<\/em> n\u2019est pas un \u00ab \u00eatre supr\u00eame personnel \u00bb. C\u2019est un Nom qui d\u00e9signe la manifestation du transcendant dans la multiplicit\u00e9 du monde (justice, lois naturelles, relations).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la Kabbale (notamment chez le Ari et le Zohar), le mot \u05e2\u05b2\u05d1\u05d5\u05b9\u05d3\u05b8\u05d4 (<em>avodah<\/em>, service) vient de la racine \u05e2.\u05d1.\u05d3 (<em>\u2018avad<\/em>), qui porte aussi le sens de raffiner, travailler la mati\u00e8re. Le service, ce n\u2019est plus \u201c ob\u00e9ir \u201d, c\u2019est raffiner le monde \u2014 <em>avodat ha-berurim<\/em>, le travail de clarification. Chaque acte juste, chaque parole vraie, chaque rencontre sinc\u00e8re \u00e9l\u00e8ve des \u00e9tincelles divines (<em>nitzotzot<\/em>). Le juif ne sert pas un Ma\u00eetre, mais participe \u00e0 la r\u00e9int\u00e9gration du divin dans le r\u00e9el.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\">Donc, <em>servir<\/em>, c\u2019est travailler \u00e0 l\u2019unit\u00e9 de l\u2019\u00catre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si ce n\u2019est pas Dieu, <em>qui le Juif sert-il<\/em> ? Peut-\u00eatre l\u2019Autre ? Et c\u2019est exactement l\u00e0 que la mystique rejoint l\u2019\u00e9thique. Dans le juda\u00efsme proph\u00e9tique et dans la lecture \u00e9thique d\u2019Emmanuel Levinas, <em>servir Dieu<\/em>, c\u2019est servir autrui. Le visage de l\u2019autre est la manifestation du divin dans le monde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u201c Le service de Dieu passe par le service de l\u2019homme. \u00bb &#8211; <em>Pirkei Avot 1:2 : \u00ab\u00a0Le monde tient sur trois choses : la Torah, le culte (\u2018avodah), et les actes de bont\u00e9 (gemilut hassidim).\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En d\u00e9finitive, le Juif ne sert pas un ma\u00eetre, mais le <em>Sans-nom<\/em>, qui se r\u00e9v\u00e8le dans le visage, le souffle et la justice. Autrement dit, le service n\u2019est pas subordination, mais alignement, le serviteur n\u2019est pas un esclave, mais un canal de l\u2019Unit\u00e9 et le Divin n\u2019est pas l\u2019Autre absolu, mais ce qui passe entre les \u00eatres quand la relation devient juste.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voyons comment cette id\u00e9e se formule dans le Zohar, ou encore dans les \u00e9crits du Baal Shem Tov et du Rav Kook, qui font tous ce lien entre <em>servir Dieu<\/em> et <em>aimer, \u00e9lever, \u00e9couter l\u2019autre<\/em>, et allons au c\u0153ur du fil mystique du juda\u00efsme \u2014 de Mo\u00efse au hassidisme \u2014 pour comprendre comment <em>\u00ab servir Dieu \u00bb<\/em> en est venu \u00e0 signifier \u201c<em> servir l\u2019Autre \u00bb<\/em> et <em>r\u00e9v\u00e9ler la Pr\u00e9sence dans le monde<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u201c<em>Et Mo\u00efse, serviteur de YHWH, mourut l\u00e0\u2026\u201d<\/em> &#8211; Deut\u00e9ronome 34:5<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le texte biblique, <em>\u2018eved YHWH<\/em> (\u05e2\u05d1\u05d3 \u05d9\u05d4\u05d5\u05d4) d\u00e9signe celui qui agit selon la Parole, pas celui qui se soumet aveugl\u00e9ment. Mo\u00efse sert en parlant avec le divin \u2014 <em>panim el panim<\/em>, \u201cface \u00e0 face\u201d. Ce service est dialogue, pas ob\u00e9issance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le mot <em>\u2018eved<\/em> d\u00e9rive de <em>\u2018avodah<\/em>, qui signifie aussi <em>culte<\/em> mais surtout <em>travail int\u00e9rieur<\/em>. D\u00e9j\u00e0, dans l\u2019Exode, l\u2019id\u00e9e est pr\u00e9sente : quitter la servitude de Pharaon (le ma\u00eetre ext\u00e9rieur) pour le service de la libert\u00e9 int\u00e9rieure. Avec la sortie d\u2019Egypte, l\u2019h\u00e9breu ne cesse pas d\u2019\u00eatre serviteur, mais on change seulement de dimension : du ma\u00eetre humain au r\u00e9el vivant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chez Amos, Isa\u00efe, J\u00e9r\u00e9mie, le \u201cservice de Dieu\u201d devient justice sociale. \u201cJe ne veux pas vos sacrifices, dit YHWH, mais la justice comme un fleuve.\u201d \u2014 Amos 5:24. Le vrai service, c\u2019est la droiture du c\u0153ur. Le culte perd son sens s\u2019il ne s\u2019incarne pas dans la relation \u00e0 autrui. Ainsi, d\u00e9j\u00e0 dans le Tanakh, servir Dieu c\u2019est servir le monde juste.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\">L\u2019Autre devient le lieu de la Pr\u00e9sence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le Zohar (XIII\u1d49 si\u00e8cle) un seuil est franchi : le monde entier est une structure divine fractur\u00e9e (les <em>sefirot<\/em>), et chaque acte humain peut r\u00e9unifier les fragments du divin (<em>tikkoun<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Servir, c\u2019est r\u00e9parer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019humain devient \u201c&nbsp;cocr\u00e9ateur&nbsp;\u201d avec le divin. La <em>Shekhina<\/em> (Pr\u00e9sence divine immanente) est dite exil\u00e9e dans le monde. Le service du juste (<em>tsadik<\/em>) est donc d\u2019\u00e9lever la Shekhina en agissant avec bont\u00e9 et conscience. Ainsi la transcendance n\u2019est pas \u201cau-dessus\u201d, mais en attente dans le monde et servir, c\u2019est lib\u00e9rer le divin enferm\u00e9 dans la mati\u00e8re, dans l\u2019autre, dans soi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Ari d\u00e9veloppe la grande vision mystique selon laquelle le monde est issu d\u2019une contraction divine (<em>tsimtsoum<\/em>). Dieu s\u2019est retir\u00e9 pour laisser place \u00e0 l\u2019autre, mais cette cr\u00e9ation a provoqu\u00e9 une brisure des r\u00e9ceptacles (<em>chevirat ha-kelim<\/em>) et le r\u00f4le de l\u2019humain c\u2019est de r\u00e9parer cette brisure en \u00e9levant les <em>\u00e9tincelles<\/em> (<em>nitzotzot<\/em>). C\u2019est le sens profond du <em>service<\/em> : rejoindre la Transcendance par l\u2019acte m\u00eame qui soigne l\u2019immanence. Autrement dit, nous \u201cservons&nbsp; Dieu\u201d en restaurant le monde et dans chaque visage, chaque geste, on touche la source infinie (<em>Ein Sof<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le fondateur du hassidisme, le Baal Shem Tov, renverse encore la perspective : la transcendance n\u2019est pas seulement au-del\u00e0, elle est dans tout. Chaque instant, chaque \u00eatre, chaque relation peut devenir un acte de service divin (<em>avodat HaShem<\/em>). Ce service ne passe plus par l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 mais par la joie, la relation, la proximit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u201cQuand tu parles \u00e0 ton fr\u00e8re, parle \u00e0 la Pr\u00e9sence qui l\u2019habite.\u201d \u201cQuand tu sers ton prochain, tu sers Dieu sans le nommer.\u201d<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <em>\u2018avodah be-Simha<\/em> (service dans la joie) du hassidisme signifie que le v\u00e9ritable service, c\u2019est d\u2019aimer et de b\u00e9nir la vie telle qu\u2019elle se pr\u00e9sente, car la transcendance s\u2019y cache. Rav Abraham Isaac Kook, grand mystique et penseur moderne, a \u00e9crit que \u201cServir Dieu, c\u2019est servir la vie. Plus la vie est sainte, plus elle est divine.\u201d Pour lui, <em>avodat HaShem<\/em> ne signifie plus \u00ab\u00a0servir une autorit\u00e9\u00a0\u00bb, mais participer \u00e0 l\u2019\u00e9volution de la conscience universelle. Il relie la Kabbale et la modernit\u00e9 : Servir = sanctifier l\u2019existence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dieu, le nom du lien ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si on lit la Torah (et les autres \u00c9critures) au-del\u00e0 de la th\u00e9ologie du pouvoir, le mot <em>Elohim<\/em>, <em>YHWH<\/em>, ou \u201cDieu\u201d n\u2019est plus le nom d\u2019un \u00catre, mais le Nom du Lien m\u00eame \u2014 du rapport vivant entre tout ce qui est. Quand la Bible dit <em>\u201cDieu dit : que la lumi\u00e8re soit\u201d<\/em>, elle ne parle pas d\u2019un personnage parlant, mais d\u2019un acte de relation : la parole, le souffle, la vibration qui met en lien ce qui \u00e9tait s\u00e9par\u00e9. \u201cDieu\u201d d\u00e9signe ce qui relie le haut et le bas, le visible et l\u2019invisible, la parole et le silence. C\u2019est le principe de communion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ce sens, \u201cDieu\u201d n\u2019est pas le <em>terme<\/em> d\u2019une relation (un \u201cautre\u201d) mais le tissu m\u00eame de la relation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pas un sujet, mais la <em>trame du sens<\/em> qui unit les sujets.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Nom central de la Torah, \u05d9\u05d4\u05d5\u05d4 (<em>YHWH<\/em>), n\u2019est pas un nom propre. Il d\u00e9rive du verbe \u05d4\u05d9\u05d4 \u2013 \u00eatre, devenir. Grammaticalement, il signifie : \u201cCelui qui fait \u00eatre\u201d ou \u201cce qui est en train d\u2019\u00eatre\u201d. Autrement dit : YHWH, c\u2019est <em>le processus d\u2019\u00eatre lui-m\u00eame<\/em> \u2014 la dynamique du lien vivant. Quand Mo\u00efse demande \u00ab Quel est ton nom ? \u00bb, la r\u00e9ponse n\u2019est pas un mot mais un verbe : <em>Eh Yeh asher Ehyeh<\/em> \u2014 \u201cJe serai ce que je serai.\u201d (Exode 3:14)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dieu se nomme comme un devenir relationnel : pas une essence fixe, mais une Pr\u00e9sence en acte &#8211; celle qui se r\u00e9v\u00e8le <em>dans la rencontre<\/em>, pas dans la d\u00e9finition. Par ailleurs, dans la Thorah, le <em>Nom<\/em> de Dieu (<em>Shem YHWH<\/em>) d\u00e9signe souvent la pr\u00e9sence : \u201cJe ferai demeurer mon Nom en ce lieu.\u201d (Deut. 12:5)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le \u201cNom\u201d n\u2019est pas un \u00e9tiquette, mais le point de contact entre les mondes&nbsp;: le lien vibratoire entre l\u2019humain et le r\u00e9el. Le Nom de Dieu, c\u2019est le <em>Nom du Lien<\/em>. L\u00e0 o\u00f9 le lien est vivant&nbsp;: entre l\u2019humain et la terre, entre deux visages, entre la parole et l\u2019\u00e9coute&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\">\u201cDieu\u201d est.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a><\/a> Les kabbalistes ne disent jamais : \u201cDieu est une personne.\u201d .Ils parlent du divin comme d\u2019un r\u00e9seau d\u2019\u00e9manations \u2014 les <em>Sefirot<\/em> \u2014 qui sont des relations d\u2019\u00e9quilibre et de flux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chaque <em>Sefira<\/em> est un aspect du lien : <em>Hessed<\/em> (Amour) \u2013 don&nbsp;; <em>Guevoura<\/em> (Justice) \u2013 limite&nbsp;; <em>Tiferet<\/em> (Harmonie) \u2013 lien entre les deux&nbsp;; <em>Malkhout<\/em> (Pr\u00e9sence) \u2013 le monde lui-m\u00eame, r\u00e9ceptacle du lien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u201cDieu\u201d n\u2019est pas au-dessus de ces relations : il est leur circulation, leur souffle. Le divin, c\u2019est l\u2019entre : entre la rigueur et la compassion, entre le ciel et la terre, entre moi et toi. Le Baal Shem Tov enseigne : \u201cL\u00e0 o\u00f9 tu laisses passer l\u2019autre, l\u00e0 r\u00e9side la Pr\u00e9sence.\u201d<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le divin n\u2019est pas dans un objet ou un dogme, mais dans l\u2019ouverture entre deux consciences. C\u2019est ce que Martin Buber reprendra dans <em>Je et Tu<\/em> : \u201cDans chaque rencontre authentique, le \u2018Tu\u2019 infini se r\u00e9v\u00e8le. Dieu n\u2019est pas l\u2019objet de la relation, mais la <em>dimension du entre<\/em>.\u201d Ainsi : Quand je parle vraiment, Dieu est dans la parole&nbsp;; Quand j\u2019\u00e9coute vraiment, Dieu est dans le silence entre nous&nbsp;; Quand je respecte la vie, Dieu est dans le souffle partag\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les mystiques chr\u00e9tiens sont all\u00e9s plus loin&nbsp;: \u201cDieu est le lien de l\u2019amour\u201d. Ma\u00eetre Eckhart disait : \u201cDieu est le lien d\u2019amour entre les amants, non l\u2019un ni l\u2019autre.\u201d Dans la Trinit\u00e9 mystique, <em>Dieu n\u2019est pas trois personnes au sens litt\u00e9ral<\/em>, mais le mouvement d\u2019amour entre l\u2019Origine (P\u00e8re), le Verbe (Fils) et le Souffle (Esprit). C\u2019est exactement la m\u00eame intuition que celle du <em>Ein Sof<\/em> kabbalistique : l\u2019unit\u00e9 qui se r\u00e9v\u00e8le dans la pluralit\u00e9 des relations.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la Torah (et plus largement le Tanakh), le mot \u00ab serviteur \u201d est souvent traduit du terme h\u00e9breu \u05e2\u05d1\u05d3 (\u2018eved), qui signifie litt\u00e9ralement esclave, serviteur, celui qui est au service de.Mais ce mot a plusieurs niveaux de signification : sur le plan social, il d\u00e9signe parfois une personne soumise \u00e0 un ma\u00eetre humain (comme dans les lois sur les esclaves h\u00e9breux, Exode 21) mais sur le plan spirituel, il d\u00e9signe une relation d\u2019alliance, de service librement consenti envers la Volont\u00e9. Ainsi, Mo\u00efse est appel\u00e9 \u00ab\u00a0serviteur de YHWH\u201d (\u05e2\u05d1\u05d3 \u05d9\u05b0\u05d4\u05d5\u05b8\u05d4, Eved YHWH, Deut\u00e9ronome 34:5), non pas comme un esclave, mais comme celui qui se met au service de la transcendance. La transcendance (ce qui d\u00e9passe tout concept, tout \u00eatre, tout nom) se distingue d\u2019un Dieu -personne ou d\u2019un ma\u00eetre hi\u00e9rarchique, comme certaines traditions juives le reconnaissent explicitement, notamment dans la Kabbale et la philosophie juive m\u00e9di\u00e9vale (Ma\u00efmonide, Cordovero, Luria\u2026). Le \u201c&nbsp;Dieu&nbsp;\u00bb transcendant (Ein Sof) est au-del\u00e0 de toute forme, volont\u00e9, ou rapport de domination. Ce n\u2019est pas un \u00ab ma\u00eetre \u00bb au sens anthropomorphique. Le service (\u2018avodah) n\u2019est pas une soumission \u00e0 une autorit\u00e9 ext\u00e9rieure, mais une orientation int\u00e9rieure vers cette R\u00e9alit\u00e9 ultime.On ne sert pas un ma\u00eetre, on sert le R\u00e9el en se rendant transparent \u00e0 lui. Dans cette perspective, \u00eatre serviteur signifie se rendre disponible \u00e0 ce qui est plus grand que soi, non pas par ob\u00e9issance, mais par alignement. Dans les proph\u00e8tes (Isa\u00efe 42\u201353), le \u201c serviteur de YHWH \u201d devient un symbole collectif \u2014 Isra\u00ebl lui-m\u00eame, ou le juste, qui incarne la volont\u00e9 divine dans le monde. Ce serviteur souffrant ne sert pas par crainte, mais par compassion et lucidit\u00e9 : il porte le monde dans sa chair, il devient le canal de la Pr\u00e9sence. Dans la langue biblique, \u201c servir Dieu \u201d (\u2018avodat Elohim, \u05e2\u05b2\u05d1\u05d5\u05b9\u05d3\u05b7\u05ea \u05d0\u05b1\u05dc\u05b9\u05d4\u05b4\u05d9\u05dd*) est une expression symbolique car dans la tradition juive, Elohim n\u2019est pas un \u00ab \u00eatre supr\u00eame personnel \u00bb. C\u2019est un Nom qui d\u00e9signe la manifestation du transcendant dans la multiplicit\u00e9 du monde (justice, lois naturelles, relations). Dans la Kabbale (notamment chez le Ari et le Zohar), le mot \u05e2\u05b2\u05d1\u05d5\u05b9\u05d3\u05b8\u05d4 (avodah, service) vient de la racine \u05e2.\u05d1.\u05d3 (\u2018avad), qui porte aussi le sens de raffiner, travailler la mati\u00e8re. Le service, ce n\u2019est plus \u201c ob\u00e9ir \u201d, c\u2019est raffiner le monde \u2014 avodat ha-berurim, le travail de clarification. Chaque acte juste, chaque parole vraie, chaque rencontre sinc\u00e8re \u00e9l\u00e8ve des \u00e9tincelles divines (nitzotzot). Le juif ne sert pas un Ma\u00eetre, mais participe \u00e0 la r\u00e9int\u00e9gration du divin dans le r\u00e9el. Donc, servir, c\u2019est travailler \u00e0 l\u2019unit\u00e9 de l\u2019\u00catre. Si ce n\u2019est pas Dieu, qui le Juif sert-il ? Peut-\u00eatre l\u2019Autre ? Et c\u2019est exactement l\u00e0 que la mystique rejoint l\u2019\u00e9thique. Dans le juda\u00efsme proph\u00e9tique et dans la lecture \u00e9thique d\u2019Emmanuel Levinas, servir Dieu, c\u2019est servir autrui. Le visage de l\u2019autre est la manifestation du divin dans le monde. \u201c Le service de Dieu passe par le service de l\u2019homme. \u00bb &#8211; Pirkei Avot 1:2 : \u00ab\u00a0Le monde tient sur trois choses : la Torah, le culte (\u2018avodah), et les actes de bont\u00e9 (gemilut hassidim).\u00a0\u00bb En d\u00e9finitive, le Juif ne sert pas un ma\u00eetre, mais le Sans-nom, qui se r\u00e9v\u00e8le dans le visage, le souffle et la justice. Autrement dit, le service n\u2019est pas subordination, mais alignement, le serviteur n\u2019est pas un esclave, mais un canal de l\u2019Unit\u00e9 et le Divin n\u2019est pas l\u2019Autre absolu, mais ce qui passe entre les \u00eatres quand la relation devient juste. Voyons comment cette id\u00e9e se formule dans le Zohar, ou encore dans les \u00e9crits du Baal Shem Tov et du Rav Kook, qui font tous ce lien entre servir Dieu et aimer, \u00e9lever, \u00e9couter l\u2019autre, et allons au c\u0153ur du fil mystique du juda\u00efsme \u2014 de Mo\u00efse au hassidisme \u2014 pour comprendre comment \u00ab servir Dieu \u00bb en est venu \u00e0 signifier \u201c servir l\u2019Autre \u00bb et r\u00e9v\u00e9ler la Pr\u00e9sence dans le monde. \u201cEt Mo\u00efse, serviteur de YHWH, mourut l\u00e0\u2026\u201d &#8211; Deut\u00e9ronome 34:5 Dans le texte biblique, \u2018eved YHWH (\u05e2\u05d1\u05d3 \u05d9\u05d4\u05d5\u05d4) d\u00e9signe celui qui agit selon la Parole, pas celui qui se soumet aveugl\u00e9ment. Mo\u00efse sert en parlant avec le divin \u2014 panim el panim, \u201cface \u00e0 face\u201d. Ce service est dialogue, pas ob\u00e9issance. Le mot \u2018eved d\u00e9rive de \u2018avodah, qui signifie aussi culte mais surtout travail int\u00e9rieur. D\u00e9j\u00e0, dans l\u2019Exode, l\u2019id\u00e9e est pr\u00e9sente : quitter la servitude de Pharaon (le ma\u00eetre ext\u00e9rieur) pour le service de la libert\u00e9 int\u00e9rieure. Avec la sortie d\u2019Egypte, l\u2019h\u00e9breu ne cesse pas d\u2019\u00eatre serviteur, mais on change seulement de dimension : du ma\u00eetre humain au r\u00e9el vivant. Chez Amos, Isa\u00efe, J\u00e9r\u00e9mie, le \u201cservice de Dieu\u201d devient justice sociale. \u201cJe ne veux pas vos sacrifices, dit YHWH, mais la justice comme un fleuve.\u201d \u2014 Amos 5:24. Le vrai service, c\u2019est la droiture du c\u0153ur. Le culte perd son sens s\u2019il ne s\u2019incarne pas dans la relation \u00e0 autrui. Ainsi, d\u00e9j\u00e0 dans le Tanakh, servir Dieu c\u2019est servir le monde juste. L\u2019Autre devient le lieu de la Pr\u00e9sence. Dans le Zohar (XIII\u1d49 si\u00e8cle) un seuil est franchi : le monde entier est une structure divine fractur\u00e9e (les sefirot), et chaque acte humain peut r\u00e9unifier les fragments du divin (tikkoun). Servir, c\u2019est r\u00e9parer. L\u2019humain devient \u201c&nbsp;cocr\u00e9ateur&nbsp;\u201d avec le divin. La Shekhina (Pr\u00e9sence divine immanente) est dite exil\u00e9e dans le monde. Le service du juste (tsadik) est donc d\u2019\u00e9lever la Shekhina en agissant avec bont\u00e9 et conscience. Ainsi la transcendance n\u2019est pas \u201cau-dessus\u201d, mais en attente dans le monde et servir, c\u2019est lib\u00e9rer le divin enferm\u00e9 dans la mati\u00e8re, dans l\u2019autre, dans soi. Le Ari d\u00e9veloppe la grande vision mystique selon laquelle le monde est issu d\u2019une contraction divine (tsimtsoum). Dieu s\u2019est retir\u00e9 pour laisser place \u00e0 l\u2019autre, mais cette cr\u00e9ation a provoqu\u00e9 une brisure des r\u00e9ceptacles (chevirat ha-kelim) et le r\u00f4le de l\u2019humain c\u2019est de r\u00e9parer cette brisure en \u00e9levant les \u00e9tincelles (nitzotzot). C\u2019est le sens profond du service : rejoindre la Transcendance par l\u2019acte m\u00eame qui soigne l\u2019immanence. Autrement dit, nous \u201cservons&nbsp; Dieu\u201d en restaurant le monde et dans chaque visage, chaque geste, on touche la source infinie (Ein Sof). Le fondateur du hassidisme, le Baal Shem Tov, renverse encore la perspective : la transcendance n\u2019est pas seulement au-del\u00e0, elle est dans tout. Chaque instant, chaque \u00eatre, chaque relation peut devenir un acte de service divin (avodat HaShem). Ce service ne passe plus par l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 mais par la joie, la relation, la proximit\u00e9. \u201cQuand tu parles \u00e0 ton fr\u00e8re, parle \u00e0 la Pr\u00e9sence qui l\u2019habite.\u201d \u201cQuand tu sers ton prochain, tu sers Dieu sans le nommer.\u201d Le \u2018avodah be-Simha (service dans la joie) du hassidisme signifie que le v\u00e9ritable service, c\u2019est d\u2019aimer et de b\u00e9nir la vie telle qu\u2019elle se pr\u00e9sente, car la transcendance s\u2019y cache. Rav Abraham Isaac Kook, grand mystique et penseur moderne, a \u00e9crit que \u201cServir Dieu, c\u2019est servir la vie. Plus la vie est sainte, plus elle est divine.\u201d Pour lui, avodat HaShem ne signifie plus \u00ab\u00a0servir une autorit\u00e9\u00a0\u00bb, mais participer \u00e0 l\u2019\u00e9volution de la conscience universelle. Il relie la Kabbale et la modernit\u00e9 : Servir = sanctifier l\u2019existence. Dieu, le nom du lien ? Si on lit la Torah (et les autres \u00c9critures) au-del\u00e0 de la th\u00e9ologie du pouvoir, le mot Elohim, YHWH, ou \u201cDieu\u201d n\u2019est plus le nom d\u2019un \u00catre, mais le Nom du Lien m\u00eame \u2014 du rapport vivant entre tout ce qui est. Quand la Bible dit \u201cDieu dit : que la lumi\u00e8re soit\u201d, elle ne parle pas d\u2019un personnage parlant, mais d\u2019un acte de relation : la parole, le souffle, la vibration qui met en lien ce qui \u00e9tait s\u00e9par\u00e9. \u201cDieu\u201d d\u00e9signe ce qui relie le haut et le bas, le visible et l\u2019invisible, la parole et le silence. C\u2019est le principe de communion. Dans ce sens, \u201cDieu\u201d n\u2019est pas le terme d\u2019une relation (un \u201cautre\u201d) mais le tissu m\u00eame de la relation. Pas un sujet, mais la trame du sens qui unit les sujets. Le Nom central de la Torah, \u05d9\u05d4\u05d5\u05d4 (YHWH), n\u2019est pas un nom propre. Il d\u00e9rive du verbe \u05d4\u05d9\u05d4 \u2013 \u00eatre, devenir. Grammaticalement, il signifie : \u201cCelui qui fait \u00eatre\u201d ou \u201cce qui est en train d\u2019\u00eatre\u201d. Autrement dit : YHWH, c\u2019est le processus d\u2019\u00eatre lui-m\u00eame \u2014 la dynamique du lien vivant. Quand Mo\u00efse demande \u00ab Quel est ton nom ? \u00bb, la r\u00e9ponse n\u2019est pas un mot mais un verbe : Eh Yeh asher Ehyeh \u2014 \u201cJe serai ce que je serai.\u201d (Exode 3:14) Dieu se nomme comme un devenir relationnel : pas une essence fixe, mais une Pr\u00e9sence en acte &#8211; celle qui se r\u00e9v\u00e8le dans la rencontre, pas dans la d\u00e9finition. Par ailleurs, dans la Thorah, le Nom de Dieu (Shem YHWH) d\u00e9signe souvent la pr\u00e9sence : \u201cJe ferai demeurer mon Nom en ce lieu.\u201d (Deut. 12:5) Le \u201cNom\u201d n\u2019est pas un \u00e9tiquette, mais le point de contact entre les mondes&nbsp;: le lien vibratoire entre l\u2019humain et le r\u00e9el. Le Nom de Dieu, c\u2019est le Nom du Lien. L\u00e0 o\u00f9 le lien est vivant&nbsp;: entre l\u2019humain et la terre, entre deux visages, entre la parole et l\u2019\u00e9coute&nbsp;: \u201cDieu\u201d est. Les kabbalistes ne disent jamais : \u201cDieu est une personne.\u201d .Ils parlent du divin comme d\u2019un r\u00e9seau d\u2019\u00e9manations \u2014 les Sefirot \u2014 qui sont des relations d\u2019\u00e9quilibre et de flux. Chaque Sefira est un aspect du lien : Hessed (Amour) \u2013 don&nbsp;; Guevoura (Justice) \u2013 limite&nbsp;; Tiferet (Harmonie) \u2013 lien entre les deux&nbsp;; Malkhout (Pr\u00e9sence) \u2013 le monde lui-m\u00eame, r\u00e9ceptacle du lien. \u201cDieu\u201d n\u2019est pas au-dessus de ces relations : il est leur circulation, leur souffle. Le divin, c\u2019est l\u2019entre : entre la rigueur et la compassion, entre le ciel et la terre, entre moi et toi. Le Baal Shem Tov enseigne : \u201cL\u00e0 o\u00f9 tu laisses passer l\u2019autre, l\u00e0 r\u00e9side la Pr\u00e9sence.\u201d Le divin n\u2019est pas dans un objet ou un dogme, mais dans l\u2019ouverture entre deux consciences. C\u2019est ce que Martin Buber reprendra dans Je et Tu : \u201cDans chaque rencontre authentique, le \u2018Tu\u2019 infini se r\u00e9v\u00e8le. Dieu n\u2019est pas l\u2019objet de la relation, mais la dimension du entre.\u201d Ainsi : Quand je parle vraiment, Dieu est dans la parole&nbsp;; Quand j\u2019\u00e9coute vraiment, Dieu est dans le silence entre nous&nbsp;; Quand je respecte la vie, Dieu est dans le souffle partag\u00e9. Les mystiques chr\u00e9tiens sont all\u00e9s plus loin&nbsp;: \u201cDieu est le lien de l\u2019amour\u201d. Ma\u00eetre Eckhart disait : \u201cDieu est le lien d\u2019amour entre les amants, non l\u2019un ni l\u2019autre.\u201d Dans la Trinit\u00e9 mystique, Dieu n\u2019est pas trois personnes au sens litt\u00e9ral, mais le mouvement d\u2019amour entre l\u2019Origine (P\u00e8re), le Verbe (Fils) et le Souffle (Esprit). C\u2019est exactement la m\u00eame intuition que celle du Ein Sof kabbalistique : l\u2019unit\u00e9 qui se r\u00e9v\u00e8le dans la pluralit\u00e9 des relations.<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"series":[32],"ppma_author":[25],"class_list":["post-587","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-reflechissons","series-numero-2"],"authors":[{"term_id":25,"user_id":4,"is_guest":0,"slug":"jmmaigne","display_name":"Jean-Michel Maigne","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/c54fb3d88022aa8a34b6fb9e5d349bf56e30a3678f163c80bcd550d0ca11a704?s=96&d=mm&r=g","0":null,"1":"","2":"","3":"","4":"","5":"","6":"","7":"","8":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/587","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=587"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/587\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":624,"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/587\/revisions\/624"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=587"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=587"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=587"},{"taxonomy":"series","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/series?post=587"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.aa-cercleetude.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=587"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}