La rubrique Tribune Libre est ouverte pour toute expression d’humeur s’inscrivant dans la ligne éditoriale de notre Revue. C’est devenu aujourd’hui un besoin irrépressible de pouvoir s’exprimer contre la haine des Israéliens et des Juifs. Ce texte s’attaque ici à la vague déferlante qui submerge les milieux artistiques.
Le Chofetz Chaim a bien résumé les effets tragiques de la médisance1: « La médisance tue trois personnes : celui qui la profère, celui qui l’écoute et celui dont on parle. » Il développe ainsi une idée très ancienne qu’on trouve dans le Talmud de Babylone (Traité Arahin 15b ).
Régulièrement, le même scénario se répète.
Un acteur, un musicien, une célébrité du soi-disant Panthéon de la culture, émerge du brouillard pour afficher une nouvelle détestation d’Israël et, par ricochet des juifs du monde entier.
Mais, ce ne sont pas juste des critiques de la politique d’Israël ; les critiques justifiées et étayées d’argumentaires sont légitimes et peuvent être acceptées et acceptables. Pourtant, lorsqu’elles se traduisent par de l’antisionisme ou plutôt de l’antisémitisme voilé, cela n’est plus tolérable.
Afin de mieux comprendre la situation, un seul exemple : l’acteur australien du nom de Guy PEARCE. Il écrit sur TWITTER : « Je n’ai jamais été aussi dégoûté par un groupe de personnes de toute ma vie que je le suis par les Israéliens. Chaque jour, je suis témoin de leur mépris et de leur dédain total pour la vie des Palestiniens. C’est honteux et cela fait reculer l’humanité à chaque acte ignoble comme celui-ci ».
Traduction : Je hais les juifs
Si ces propos que je qualifierais de calomnieux, haineux et dangereux avaient été destinés à un autre peuple quel qu’il soit, la réaction aurait été immédiate et soumise à la vindicte populaire. Imaginez, si vous remplaciez “Israéliens” par, au hasard, “Palestiniens” et vous constaterez le tollé.
La liste d’artistes véhiculant ce genre de propos est longue, je ne peux donc tous les nommer !
Alors, je pose la question : POURQUOI ?
Pourquoi cette aversion récurrente dans le milieu du showbiz, dans le monde du spectacle en général à l’égard du peuple juif ?
Pourquoi ce déchainement de haine, cette indignation dès lors que le nom d’Israël entre en scène ? Il est certain que la nature humaine est complexe et les relations entre les hommes fort compliquées.
D’aucuns influencent par idéologie, par haine, par l’attrait du pouvoir, de par leur notoriété, d’aucuns se laissent influencer par faiblesse, par ignorance, par facilité.
Mais lorsqu’une personne publique, avec une certaine aura, diffuse ou relaie de manière intense, répétitive voire obsessionnelle des idées hostiles, des calomnies, des faits non vérifiés à l’encontre d’un peuple, je m’interroge sur leur légitimité.
Je comprends l’appel à soutenir les civils gazaouis, je l’entends mais alors pourquoi ne pas avoir accorder la même attention aux civils israéliens victimes du 7 octobre 2023.
Quand le discours de défense des civils gazaouis se transforme en discours haineux et calomnieux des Juifs d’Israël et du peuple juif du monde entier, discours repris et attisés par nombre de célébrités, je ne me l’explique pas et ne comprends pas.
Il est indiscutable que le milieu du spectacle s’associe majoritairement à une pensée de gauche, voire d’extrême gauche et de fait à un activisme anti-israélien.
Cette dynamique de pensée fait boule de neige. Il suffit de porter un pin’s « Free Palestine », d’arborer fièrement un keffieh et hop, la tendance est suivie.
Ce qui est inquiétant, ce n’est pas tant la représentation de ces signes mais plutôt la tournure messianique des propos, le long et étrange monologue de ressentiments et fantasmes de ces artistes contre Israël. Ce qui est alarmant et tragique, c’est que toute autre pensée est considérée comme transgressive et donc interdite.
Alors la même question revient, lancinante : POURQUOI ?
Pourquoi ce minuscule point géographique fait-il l’objet de tant de polémiques, de tant de haine, d’une telle volonté d’anéantissement ? Pourquoi le conflit israélo-palestinien est-il le sujet de prédilection pour les artistes occidentaux ?
Pourtant, les conflits dans le monde ne manquent pas avec son lot de famine, de morts violentes, de peuples agressés et en souffrance.
Pourquoi ces artistes, qui se disent défendre les Droits de l’Homme, ne se mobilisent-ils pas pour ces pays ?
- Le Soudan où se déroule un génocide dans le silence assourdissant de ces mêmes artistes prétendant être la conscience de l’Humanité, 30 millions de personnes nécessitant une aide humanitaire d’urgence, 10 millions de déplacés.
- Les Ouïgours et d’autres minorités musulmanes en Chine, objet d’une répression féroce
- Au Congo et les plus de 7 millions de déplacés
- Au Yémen où 17 millions de yéménites souffrent et meurent de faim ; la mort silencieuse des enfants en bas-âge touche 1 enfant sur 3
La liste est encore longue…
Mais pour ces peuples en danger, pas de solidarité, pas de pétitions, pas de vidéos partagées, pas de symbole pour leur soutien, rien pour dénoncer les horreurs, non rien ; seulement un long silence révélateur, ignoble, terrible et réellement lamentable de la part de cette soi-disant « aristocratie morale ».
Alors POURQUOI ?
Une haine ancienne du peuple juif se caractérisant de manière obsessionnelle par une jalousie morbide, sans fondement réel.
Le peuple juif n’est ni un peuple dont on se débarrasse, ni une identité inventée.
Il est un peuple ancien, avec une façon de percevoir la réalité, un ensemble d’obligations et d’évènements miraculeux lui ayant permis de survivre depuis 3500 ans, un peuple qui célèbre la vie et non la mort, qui garde toujours espoir, qui sait relever la tête et rebondir.
Je demande simplement aux artistes d’être et de rester des artistes, rien d’autre.
Il m’apparaît qu’une chose est devenue très claire : nous devons contrer le récit réactionnaire/régressif véhiculé par des artistes mal intentionnés, puissants et prédateurs qui lavent littéralement le cerveau de la société en propageant des idées au plus bas dénominateur commun et unidimensionnelles, et par extension, de la pensée/politique.
Il faut riposter, signaler ces dérives tout en renforçant une culture plus saine et résiliente, amplifier des contre-discours construits et de qualité.